1. Souveraineté
Vos données ne quittent jamais votre espace. Le serveur est physiquement chez vous, ou dans un coffre que vous désignez. Aucune copie chez nous, aucune copie dans le cloud, aucune copie dans un data center tiers.
Manifeste fondateur · Maison Aigyros
« Certaines richesses se possèdent. Les plus précieuses se transmettent. »
Une vie humaine produit plus de matière pensante que n'importe quel coffre ne pourra jamais contenir. Des décisions qui ont fait bifurquer des carrières. Des intuitions qui ont nourri des lignées. Des silences qui ont protégé des familles. Des archives, des voix, des écrits intimes, des jugements portés sur un siècle.
Pourtant, quand une personne disparaît, la quasi-totalité de ce capital disparaît avec elle. Les plateformes ferment les comptes. Les héritiers numériques se retrouvent avec des mots de passe et des CGU. Les disques durs s'éteignent. Les enregistrements se perdent. Les conversations privées — celles qui contiennent le plus de vérité — s'évaporent.
Il existe un coffre pour les semences du monde, au Svalbard. Il existe des coffres pour l'or, pour les œuvres, pour les documents juridiques. Il existe désormais des services américains qui proposent de « planifier votre digital legacy » en vous demandant vos mots de passe.
Il n'existait rien pour ce qui est, au fond, la seule chose que l'on puisse vraiment transmettre : ce que l'on a pensé, senti, compris, appris.
C'est ce vide que Maison Aigyros vient combler. Nous appelons cette matière le patrimoine cognitif.
Le patrimoine cognitif désigne l'ensemble des productions mentales, affectives et expérientielles d'une personne — vivantes ou disparues — susceptibles d'être conservées, transmises et réactivées par les générations suivantes, selon des modalités souveraines.
Il comprend, sans s'y limiter :
Il se distingue du patrimoine immatériel tel que défini par la Convention UNESCO de 2003, qui protège des expressions collectives d'une communauté (chants, danses, rituels, savoirs artisanaux). Le patrimoine cognitif, lui, opère à l'échelle de la personne et de la lignée. Il est individuel dans sa constitution, familial dans sa transmission, souverain dans sa conservation.
Nous assumons pleinement les antécédents académiques du terme — Coopération, patrimoine cognitif et justice mondiale (Revue Éthique publique), Documenter le patrimoine cognitif (Calenda), les travaux d'OpenEdition et du HAL — et nous leur ajoutons la dimension qui manquait : celle de l'écrin privé, de la dignité familiale, de la transmission notariale.
Nous ne sommes ni une startup, ni un service cloud, ni une plateforme de résurrection. Nous sommes une maison — au sens où l'on parle d'une maison d'édition, d'une maison de couture, d'une maison de banque. Et nous nous tenons à sept engagements qui ne souffriront aucune exception.
Vos données ne quittent jamais votre espace. Le serveur est physiquement chez vous, ou dans un coffre que vous désignez. Aucune copie chez nous, aucune copie dans le cloud, aucune copie dans un data center tiers.
Le patrimoine cognitif, une fois scellé, n'est plus connecté à internet. Il devient un objet, au sens où un tableau ou un livre ancien est un objet. On ne peut pas pirater ce qui n'existe pas sur le réseau.
Rien n'est intégré au patrimoine sans le consentement explicite de son auteur. Rien n'est transmis à un héritier sans que l'auteur n'ait choisi lui-même les conditions de la transmission. Le consentement se révise à tout moment, de son vivant.
Le patrimoine cognitif n'est pas un spectacle. Il ne sera jamais utilisé pour générer du contenu post-mortem non autorisé, ni pour produire une simulation de la personne disparue, ni pour alimenter un modèle d'IA public. La personne n'est pas une source de données : elle est une source de sens.
Le patrimoine cognitif s'intègre dans l'acte notarié de succession. L'héritier ne reçoit pas un mot de passe : il reçoit un acte. Le notaire devient, avec l'accord du client, le tiers de confiance juridique de la transmission.
Les formats sont choisis pour durer cent ans. Les supports sont redondants. La méthode prévoit la migration périodique par un tiers de confiance désigné. Nous pensons en générations, pas en trimestres.
Il y a des choses que nous ne ferons pas. Nous ne faisons pas de résurrection IA (AI afterlife). Nous ne faisons pas de deepfake post-mortem. Nous ne commercialisons pas la mémoire de nos clients. Nous ne cédons aucune donnée à aucun tiers, jamais, sous aucune forme. Nous publions notre charte éthique complète et nous l'actualisons au rythme des avancées technologiques — en cohérence avec les travaux du CNIL sur l'éthique des traces numériques (cahier 03/2026).
Constituer un patrimoine cognitif suit un protocole en cinq étapes, éprouvé, documenté, et adaptable à chaque situation.
Nous cartographions, avec le client, ce qui existe déjà et ce qui n'existe pas encore. Supports physiques, supports numériques, conversations à enregistrer, décisions à documenter, lettres à écrire. L'inventaire lui-même est un acte de transmission.
Les supports physiques sont numérisés en haute définition, avec métadonnées, selon les standards archivistiques (ISAD(G), EAD). Les formats sont ouverts, pérennes, non propriétaires.
Le client enregistre des entretiens-guidés : les grandes décisions, les tournants, les regrets assumés, les espoirs pour la suite. C'est ici que se constitue la matière vivante du patrimoine — celle qu'aucune archive papier ne contient.
Le tout est assemblé dans un serveur local, durci, chiffré, air-gappé. Une application permet la consultation selon les permissions choisies : lecture seule pour les petits-enfants, accès complet pour l'héritier désigné, verrouillage sur certains documents jusqu'à une date donnée.
Le notaire reçoit une copie scellée de l'inventaire et des conditions de transmission. À la disparition du constituant, le protocole s'exécute. La famille ne découvre pas un disque dur : elle reçoit un patrimoine, avec son mode d'emploi, son histoire, sa raison d'être.
À celles et ceux qui pensent leur existence en siècles plutôt qu'en trimestres. Aux chefs d'entreprise qui veulent transmettre autre chose qu'un bilan. Aux artistes dont l'œuvre ne se réduit pas à ce qui est exposé. Aux patriarches et matriarches de grandes familles. Aux personnalités publiques dont la voix sera écoutée après elles. Aux résidents des établissements de fin de vie dont les enfants réalisent, trop tard parfois, qu'ils n'ont jamais vraiment écouté.
Notre clientèle est confidentielle. Notre discrétion est absolue. Notre engagement est sans durée : Maison Aigyros accompagne ses clients au-delà de la durée de vie de ses fondateurs.
Nous ne prétendons pas avoir inventé un concept : nous prétendons avoir nommé ce qui existait sans être nommé, et lui avoir donné l'écrin qu'il méritait.
Nous appelons les chercheurs en sciences de l'information, les archivistes, les notaires, les family offices, les historiens de la vie privée, les éthiciens du numérique à nous rejoindre dans la définition et la protection de cette nouvelle classe d'actifs. Nous publierons chaque année un rapport sur l'état du patrimoine cognitif en France, ouvert aux contributions académiques et professionnelles.
Nous appelons les familles qui se reconnaissent dans cette vision à nous écrire. Nous les recevrons en toute discrétion.
Maison Aigyros — Monaco · Côte d'Azur
contact@aigyros.com